I. Quelques observations générales
L’espace de spiritualité orthodoxe offre une hétérogénéité de situations,
de dynamiques et d’expériences regardant l’étude de la religion dans l’école.
La note commune est constituée par la
transition, l’expérimentation, le passage des formules empiriques, des
essais et erreurs aux stratégies cohérentes, rationnelles, perfectibles. On
peut constater un passage à petits
pas, mais évidents, de l’amateurisme à la professionnalisation.
Les paysages religieux et éducatif dans
les pays de l ‘Est de l’Europe évoluent indépendamment l’un de l’autre,
à des rythmes différents, en suivant des logiques d’interaction
particulière avec les sphères politique, économique et culturelle
tant multiples et diverses. Chaque pays développe des stratégies dépendentes
des mutations politiques, économiques, sociales, culturelles.
L’expérience de l’enseignement de la religion dans l’école est récente,
environ 14 ans dans le cas de la Roumanie, 6-7 ans pour la Moldavie, Russie et
Ukraine, 3-4 ans pour la Bulgarie et presque inexistante dans les pays de
l’ancienne Yougoslavie, dû aux conjonctures idéologiques et politiques
défavorables. Dans la période communiste la formation religieuse dans l’école a
été interdite. Les pratiques éducatives entre les deux guerres mondiales
d’enseignement de la religion, ne sont plus adéquates de point de vue
didactique, pédagogique, philosophique.
La religion, en tant que discipline scolaire dans l’espace orthodoxe, n’a
encore un statut unitaire de point de vue didactique et formel. Si en
Grèce et Roumanie elle figure comme discipline obligatoire, en autres
pays comme Ukraine, Moldavie et Russie
elle est facultative ou optionnelle, ou même extra ou péri-scolaire comme
dans les pays de l’ancienne Yougoslavie. Donc une dévalorisation symbolique
intervient par son statut didactique non- obligatoire.
Les nouvelles réalités culturelles et politiques (ouverture, commencement
de démocratisation) peuvent se constituer dans une opportunité de
spiritualisation de l’école, par l’ouverture de celle-ci vers les valeurs
religieuses tant blamées et critiquées dans le passé. L’appétit pour les
valeurs religieuses est extrêmement puissant dans l’Orient, elles étant
assimilées à la liberté, l’intimité personnelle, la dignité et l’émancipation
humaine, des valeurs que les gens ont manquées pour longtemps.
La situation ci-dessus impose une grande responsabilité. On doit éliminer
l’opportunisme et l’amateurisme dans les stratégies d’introduction de
l’enseignement religieux. Il ne faut pas qu’on faillisse! L’introduction de la
religion dans l’école n’est pas seulement un problème de l’Eglise ou de
l’Ecole mais de toute la société qui se trouvent à la recherche des
repères valorisants pérennants. On désire la complémentarité d’action
et la collaboration entre les facteurs religieux, éducationnels, juridiques,
politiques, économiques au lieu des actions unilatérales, isolées, autarciques.
De point de vue technique, didactique, la tache la plus grande est celle
des professeurs, des pédagogues, des
managers d’écoles car la gestion d’une discipline revient aux gens de l’école
et moins à ceux de l’extérieur qui n’ont souvent la compétence
nécessaire.
Dans certaines situations il a existé le risque de substituer l’éducation
religieuse avec la catéchisation (cette tentation existe encore). On sait que
dans l’Eglise Orthodoxe la catéchisation est plus faible, plus diffuse sans une
discipline à part comme dans l’Eglise Catholique. Plusieurs parents,
prêtres et mêmes professeurs pensaient que par l’heure de religion on
introduit spirituellement l’élève dans le culte respectif. C’est
pourquoi, au moins au début, l’heure de religion était transformée dans un
prêche ou une séance de catéchisation. A cause de cela, beaucoup de gens
étaient en accord et aussi en grand désaccord en ce qui concerne l’introduction
de la religion dans l’école.
Un avantage de cette résurrection spirituelle (l’introduction de la
Religion dans l’école) consiste dans le fait qu’elle a lieu dans une période de
redéfinition culturelle de l’Europe, de revalorisation juridique et
diplomatique. Le processus d’introduction de la religion dans l’école peut
raccorder dès le début une dynamique qui marquera pour longtemps notre
continent, les principes tellement nécessaires au monde actuel comme le respect
de l’altérité confessionnelle, de l’interculturalisme, de la tolérance
et du respect réciproque.
Dans la majorité des cas, l’initiative de l’introduction de la religion
dans l’école a revenu au clergé, majoritaire mais aussi minoritaire, qui par
diplomatie, persuasion, effort a milité par des voies législatives, politiques,
personnelles pour cette résurrection culturelle. Ceux–ci ont été soutenus par
les représentants de la communauté laïque, des gens de culture – la
société civile, en général. Les plus nombreux obstacles ont été mis par
certains gens politiques, enrégimentés ou porteurs des anciens régimes totalitaires.
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