Constantin Cucos
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Constantin Cucoş

Titlul academic: Profesor universitar, doctor in pedagogie
Prodecan al Facultãþii de Psihologie si Stiinte ale Educatiei
din Universitatea "Al. I.Cuza" Iasi
Conducator de doctorat in aria academica Ştiinţele Educaţiei
E-mail: cucos@uaic.ro

 



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FRENCH    L’étude de la religion – en tant que discipline d’enseignement - dans les pays à religion orthodoxe majoritaire de l’Est de l’Europe
de Constantin Cucos

I. Quelques observations générales

L’espace de spiritualité orthodoxe offre une hétérogénéité de situations, de dynamiques et d’expériences regardant l’étude de la religion dans l’école. La note commune  est constituée par la transition, l’expérimentation, le passage des formules empiriques, des essais et erreurs aux stratégies cohérentes, rationnelles, perfectibles. On peut constater un  passage à petits pas, mais évidents, de l’amateurisme à la professionnalisation.

Les paysages religieux et éducatif dans les pays de l ‘Est de l’Europe évoluent indépendamment l’un de l’autre, à des rythmes différents, en suivant des logiques d’interaction particulière avec les sphères politique, économique et culturelle tant multiples et diverses. Chaque pays développe des stratégies dépendentes des mutations politiques, économiques, sociales, culturelles.

L’expérience de l’enseignement de la religion dans l’école est récente, environ 14 ans dans le cas de la Roumanie, 6-7 ans pour la Moldavie, Russie et Ukraine, 3-4 ans pour la Bulgarie et presque inexistante dans les pays de l’ancienne Yougoslavie, dû aux conjonctures idéologiques et politiques défavorables. Dans la période communiste la formation religieuse dans l’école a été interdite. Les pratiques éducatives entre les deux guerres mondiales d’enseignement de la religion, ne sont plus adéquates de point de vue didactique, pédagogique, philosophique.

La religion, en tant que discipline scolaire dans l’espace orthodoxe, n’a encore un statut unitaire de point de vue didactique et formel. Si en Grèce et Roumanie elle figure comme discipline obligatoire, en autres pays comme  Ukraine, Moldavie et Russie elle est facultative ou optionnelle, ou même extra ou péri-scolaire comme dans les pays de l’ancienne Yougoslavie. Donc une dévalorisation symbolique intervient par son statut didactique non- obligatoire.

Les nouvelles réalités culturelles et politiques (ouverture, commencement de démocratisation) peuvent se constituer dans une opportunité de spiritualisation de l’école, par l’ouverture de celle-ci vers les valeurs religieuses tant blamées et critiquées dans le passé. L’appétit pour les valeurs religieuses est extrêmement puissant dans l’Orient, elles étant assimilées à la liberté, l’intimité personnelle, la dignité et l’émancipation humaine, des valeurs que les gens ont manquées pour longtemps.

La situation ci-dessus impose une grande responsabilité. On doit éliminer l’opportunisme et l’amateurisme dans les stratégies d’introduction de l’enseignement religieux. Il ne faut pas qu’on faillisse! L’introduction de la religion dans l’école n’est pas seulement un problème de l’Eglise ou de l’Ecole mais de toute la société qui se trouvent à la recherche des repères valorisants pérennants. On désire la complémentarité d’action et la collaboration entre les facteurs religieux, éducationnels, juridiques, politiques, économiques au lieu des actions unilatérales, isolées, autarciques. De point de vue technique, didactique, la tache la plus grande est celle des  professeurs, des pédagogues, des managers d’écoles car la gestion d’une discipline revient aux gens de l’école et moins à ceux de l’extérieur qui n’ont souvent la compétence nécessaire.

Dans certaines situations il a existé le risque de substituer l’éducation religieuse avec la catéchisation (cette tentation existe encore). On sait que dans l’Eglise Orthodoxe la catéchisation est plus faible, plus diffuse sans une discipline à part comme dans l’Eglise Catholique. Plusieurs parents, prêtres et mêmes professeurs pensaient que par l’heure de religion on introduit spirituellement l’élève dans le culte respectif. C’est pourquoi, au moins au début, l’heure de religion était transformée dans un prêche ou une séance de catéchisation. A cause de cela, beaucoup de gens étaient en accord et aussi en grand désaccord en ce qui concerne l’introduction de la religion dans l’école.

Un avantage de cette résurrection spirituelle (l’introduction de la Religion dans l’école) consiste dans le fait qu’elle a lieu dans une période de redéfinition culturelle de l’Europe, de revalorisation juridique et diplomatique. Le processus d’introduction de la religion dans l’école peut raccorder dès le début une dynamique qui marquera pour longtemps notre continent, les principes tellement nécessaires au monde actuel comme le respect de l’altérité confessionnelle, de l’interculturalisme, de la tolérance et du respect réciproque.

Dans la majorité des cas, l’initiative de l’introduction de la religion dans l’école a revenu au clergé, majoritaire mais aussi minoritaire, qui par diplomatie, persuasion, effort a milité par des voies législatives, politiques, personnelles pour cette résurrection culturelle. Ceux–ci ont été soutenus par les représentants de la communauté laïque, des gens de culture – la société civile, en général. Les plus nombreux obstacles ont été mis par certains gens politiques, enrégimentés ou porteurs des anciens régimes totalitaires.

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